Notre préférence pour le triple scrutin du 25 mai 2014

Le think tank Vigilance musulmane est un groupe de réflexion actif sur le terrain de la lutte contre les discriminations et pour le respect des droits fondamentaux, notamment la liberté religieuse. En 2009, nous avons lancé l’initiative pourquivoter.info, dans le but de contribuer à la promotion de la culture de l’analyse de l’offre politique.

Quelle est notre méthode ?

D’abord, nous analysons le contenu des programmes qui nous sont proposés par les formations politiques en compétition.

Ensuite, nous évaluons le bilan et les positions réellement exprimées par les partis au cours de la législature précédant le scrutin, aussi bien pour les partis de la majorité sortante que pour les partis d’opposition.

Enfin, sur la base de notre évaluation, nous identifions la formation politique qui s’engage concrètement en faveur des enjeux d’intérêt général, mais aussi plus particulièrement en faveur du respect des libertés fondamentales qui justifient nos actions.

La formation politique qui satisfait à ces trois étapes recueille notre soutien pour le scrutin en cours. Nous ne nous prononçons pas en faveur de candidats. Dans notre système particratique, le rôle de ces derniers est en réalité limité à la simple promotion des positions définies par leurs partis respectifs. Cela a pour conséquence que les changements pour lesquels nous oeuvrons n’ont une chance de se concrétiser que s’ils sont réellement portés par les appareils des partis politiques établis.

Quelle analyse faisons-nous ?

La crise financière de 2008 et ses conséquences ont été (et sont toujours) les événements marquants de ces dernières années. On a pu constater une forte montée des discours racistes et xénophobes à travers toute l’Europe, notre pays n’échappant pas à cette tendance. Les discriminations et les atteintes aux droits fondamentaux, notamment en matière de convictions religieuses, ont crû de façon alarmante. Nous tirons clairement un bilan négatif de la gestion de la crise par la majorité sortante, une gestion marquée par une répartition inéquitable du poids de la crise. Cela s’est traduit par une mutualisation du prix exorbitant à payer pour sauver la système bancaire et une régression considérable des acquis sociaux (gel des salaires, attaques contre l’index, précarisation accrue des allocataires sociaux, ratification du TSCG, …).

Cette réalité est venue aggraver la situation sur le front de la lutte contre les discriminations, qui n’a connu aucune avancée notable durant la précédente législature, en dehors d’une grand-messe sans lendemain qu’ont été les Assises de l’Interculturalité et une réorganisation timide du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme.

Lors du scrutin régional de 2009, nous avons marqué notre soutien à Ecolo en raison des ses positions progressistes de l’époque. Mais ce parti a trahi ses engagements écrits et a fini par s’aligner sur les positions attentatoires aux droits fondamentaux de ses partenaires PS et cdH.

En revanche, lors du scrutin fédéral de 2010 et du scrutin communal de 2012, nous nous sommes prononcés en faveur de Groen. Nous avons pu constater que ce parti continue à incarner la seule force progressiste sur l’échiquier politique. En effet, il continue à s’opposer sans ambiguïté à toutes les atteintes aux droits fondamentaux qui ciblent les citoyennes de confession musulmane en raison de leurs convictions religieuses, tant dans l’enseignement que dans la fonction publics. Le changement d’attitude perceptible au sp.a sur ces questions est clairement à mettre à l’actif de Groen, qui joue un rôle moteur dans un paysage politique flamand dominé par des partis hostiles au respect des droits fondamentaux. On peut également mettre à son actif la mobilisation, avec la société civile, pour la levée de l’interdiction du port de signes convictionnels dans la fonction publique de la Ville de Gand. C’est encore Groen, au sein du gouvernement bruxellois sortant, qui s’est le plus clairement opposé à ces interdictions dans la fonction publique de la Région de Bruxelles-Capitale. Tous ces engagements, Groen les confirme dans son programme pour les scrutins de ce 25 mai.

Après les élections communales de 2012, nous avons répondu favorablement à une demande du PTB-GO pour l’aider à mieux comprendre la réalité des discriminations qui frappent nombre de nos concitoyens et à mieux faire correspondre son programme pour les élections de 2014 aux attentes du public concerné et des acteurs de la lutte contre les discriminations. Nous considérons que le résultat est encourageant sur le plan programmatique, surtout que le PTB constitue aujourd’hui une force politique capable de produire un travail parlementaire crédible dans les assemblées parlementaires auxquelles elle a, pour la première fois, une réelle chance d’accéder.

Quel est notre choix pour ce 25 mai ?

En application de notre méthode, Groen arrive clairement en tête de nos préférences, suivi par le PTB. Plus concrètement, notre groupe a décidé, en concertation avec ses sympathisants, d’exprimer ses choix électoraux comme suit :

En Flandre

Élections régionales : Groen
Élections fédérales : Groen
Élections européennes : Groen

A Bruxelles

Élections régionales : Groen
Élections fédérales : PTB-GO (*)
Élections européennes : Groen

En Wallonie

Élections régionales : PTB-GO
Élections fédérales : PTB- GO
Élections européennes : PTB- GO

Quelle que soit la majorité qui sortira des urnes après le 25 mai, elle disposera d’un mandat de 5 années qui s’annoncent difficiles. Prochaine échéance électorale : les élections communales de 2018. Avec tous les résistants, nous resterons plus vigilants et mobilisés que jamais.

(*) Dans la circonscription de Bruxelles-Capitale, Groen ne présente pas de liste. Ses candidats figurent sur la liste Ecolo. Dès lors, nous ne pouvons lui apporter notre soutien.

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